Une première indication avait pourtant été donnée lundi soir, lorsqu’au terme de la séance de questions orales aux membres du gouvernement et, notamment, au vice-premier ministre, ministre de l’Agriculture et du développement rural, le PAN, pour faire baisser la tension perceptible au sein de l’hémicycle, avait décidé de reprogrammer…l’interrogatoire du ministre Jean Nkuété pour le vendredi, 8 juillet prochain. Quelques députés avaient alors réagi, indiquant qu’à cette date, la session en cours se serait déjà achevée, Cavaye Yéguie Djibril avait alors rétorqué : « C’est le président de l’Assemblée nationale qui vous parle. » C’était tout dire.
Il faudra pourtant attendre le journal radiodiffusé de mardi 05 juillet 2011, 17 heures de la CRTV pour avoir confirmation de l’effectivité de l’ouverture ce mercredi d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Déjà sur la table des députés et de sources généralement biens informées, deux projets de lois d’importance. Le premier portait ratification de l’ordonnance n° 2011/001, du 7 mars 2011 modifiant et complétant certaines dispositions de la loi des finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2011 ; l’autre texte est relatif au vote des citoyens camerounais établis ou résidant à l’étranger.
En attendant de revenir plus tard dans le détail, sur le contenu des deux textes, on est d’ores et déjà fixé sur l’agenda des députés ce mercredi. Les élus du peuple se retrouvent dès 10 heures pour une séance plénière avant la conférence des présidents à 11 heures et la séance plénière de dépôt à 12 heures.
Promesse présidentielle
Cependant, il faut reconnaître que le dépôt du projet de loi relatif au vote des citoyens camerounais établis ou résidant à l’étranger est en tout point de vue, l’aboutissement d’une promesse présidentielle. En effet, au cours d’un séjour en France en juillet 2009, le chef de l’Etat avait rencontré lors d’une soirée organisée au pavillon Dauphine, Paul Biya avait pris la parole pour évoquer avec ses concitoyens basés en France, divers aspects de la marche du Cameroun et, notamment le processus démocratique camerounais au sujet duquel, le chef de l’Etat a relevé que « depuis 20 ans, notre principale préoccupation a été de conduire le pays sur le chemin de la démocratie ». En toute honnêteté, le président Paul Biya a reconnu que dans la conduite de ce processus, « tout n’est pas parfait » et qu’ « il faut corriger les insuffisances ».
De toute évidence, le projet de loi relatif au vote des Camerounais de l’étranger apparaît comme un des éléments clés de ce processus de correction de certaines de ces insuffisances et apporte une réponse à l’une des principales doléances de nombre de nos concitoyens résidant à l’étranger, celui de leur droit au vote. En attendant bien évidemment que les pouvoirs publics apportent une réponse à la question de la double nationalité jusqu’ici ignorée par les lois camerounaises.
Pour ce qui est du vote, le président Paul Biya avait promis un examen bienveillant du dossier, de sorte à permettre à ses concitoyens basés à l’étranger, « de prendre part aux prochains scrutins électoraux » organisés au Cameroun. Une preuve parmi tant d’autres qui démontrent que le président Paul Biya est et reste en permanence, à l’écoute de ses concitoyens, y compris ceux résidant hors des frontières nationales.
Il pourrait enfin s’agir d’une main tendue du pouvoir de Yaoundé en direction des filles et fils du pays établis à l’étranger et dont certains, malheureusement, se livrent depuis quelques mois à un passe temps favoris : le dénigrement sous de fallacieux prétextes, du Cameroun et de ses dirigeants. Le président Paul Biya est le premier à en faire les frais.
Simon Meyanga