Pour les populations de cette localité, la victoire du président national du RDPC ne fait l’ombre d’aucun doute. Elles disent attendre les résultats juste pour savoir quel sera le score obtenu par leur champion.
Ngoulemakong, chef-lieu de l’arrondissement éponyme, à une heure et demie de Yaoundé dans le département de la Mvila est bien calme ce dimanche 09 octobre 2011, jour de scrutin. L’axe qui mène à Ebolowa, capitale de la Région du Sud est quasiment désert. Pas de transport en commun, pas de moto-taxis habituellement si nombreux et si bruyants. Les seuls véhicules en circulation sont ceux des agents d’Elections Cameroun (Elecam) et des forces du maintien de l’ordre. Le Sous-Préfet, Cosmas Thierry Nama sillonne également la ville, « Pour veiller à ce que tout se passe bien ». La place du marché, habituellement bondée de monde le dimanche, est aussi déserte que le centre commercial. Ici néanmoins, les portes ne sont pas toutes hermétiquement fermées. Cadenassées à l’avant, elles s’ouvrent de temps en temps à l’arrière pour laisser passer un client au bord de l’hypoglycémie. « Nous ne pouvons pas être catégoriques pour ce qui concerne le pain et l’eau », tente de se justifier le commerçant « rebelle ».A quelques encablures de la mairie de Ngoulemakong et de la maison du Parti qui il y a encore quelques heures abritait le Quartier général de l’équipe communale de campagne du candidat Paul Biya que préside Anicet Akoa, une poignée de jeunes jouent aux cartes pour « tuer le temps ». Tout en se gaussant de l’échec qu’ils trouvent évident des 22 challengers du candidat Paul Biya. « Un candidat a promis de donner 10 millions à chaque jeunes chômeur », s’esclaffe l’un d’eux. La leçon de mathématique qui s’en suit met tous les jeunes d’accords sur ce qu’à moins de faire tourner la planche à billet avec tout ce que cela comporte comme effets Boomerang, aucun pays au monde ne peut se payer ce luxe. Pas même en Asie de l’Est où, avec 3,8%, le taux de chômage (selon le Bit), est le plus bas dans le monde.Il est 8heures 30. Au bureau de vote de Ngoulemakong I logé au Lycée technique de la même ville, Fidèle Zomo Eba, 54 ans, vient d’accomplir son devoir de citoyen. Le chef de village de Yem-Mengong fait partie des 474 électeurs attendus ici. Tout comme Salomon Blaise Ngbwa, natif de Bitsongman, qui, malgré ses 71 ans bien sonnés, a tenu à effectuer le déplacement « Pour voter le candidat Paul Biya ». Sous l’œil vigilant de Corentine Mbozo’o Zua, épouse Zibi, chef du bureau de vote.Silence, on voteA Yop, bureau de vote de l’école maternelle, Julienne Ndzeng, épouse Mbarga, tient à se faire expliquer le processus avant de jeter son bulletin dans l’urne. La couturière de Nyamvende affirme qu’à 58 ans, elle en a vu des vertes et des pas mures. Pourtant, soutient-elle, mais il n’y a pas meilleure chose à faire que de prendre son destin en main, en venant assurer le choix de son leader. « Mais avant de le faire, il faut comprendre ». La chef du bureau de vote ne se fait pas prier. A l’antenne Elecam de Ngoulemakong, certains électeurs potentiels viennent « régulariser leur situation ». C’est le cas d’Ovoundi qui ne retrouve son nom sur aucune liste. Le bureau de Michel Amougou Edzene, le chef d’antenne, ne répond pas. « Il est en train de faire le tour pour se rassurer que tout se passe bien dans les 40 bureaux de notre arrondissement », rassure Lucienne Andzeng, l’agent d’astreinte ce matin. Celle-ci se réfère immédiatement à la liste additive en sa possession et retrouve le nom de Ovoundi dans le bureau de vote de Nnang-Ezan au lycée mixte, où 152 autres votants sont inscrits. Il n’est que 10 heures 06 minutes. Le cultivateur comprend qu’il a tout le temps devant lui. Il en profite pour visiter le bureau d’Elecam.Sur le babillard, de nombreuses notes sont affichées, dont celle signée le 22 septembre 2011, dans laquelle Michel Amougou Edzane, le chef d’antenne, instituait un service de garde dans ses services.A l’autre extrémité de la salle, une « carte électorale de Ngoulemakong » réalisée par un certain Jérémie Nkokombo retrace avec force détails les découpages territoriaux de l’arrondissement de 17 000 âmes. Sur le bureau de l’agent d’astreinte, une dizaine de cartes d’électeurs cherche encore preneur, à côté de quelques copies vierges de procès verbaux de dépouillement.Dans la mi-journée, le bureau de vote de Ngoulemakong I logé dans l’enceinte de la délégation départementale de l’agriculture, semble le plus avancé de tous,avec ses 70% des 454 inscrits ayant déjà répondu présents. Les deux observateurs de Transparency international rencontrés dans ce bureau se refusent à tout commentaire. Tout comme ils entretiennent un mystère sur leur identité. Le moto-taximan qui sert de guide à notre reporter dit n’avoir jamais vu leurs « tronches » dans le coin. « Nous ne pouvons pour l’instant que constater qu’il n’y a pas de problème majeur », lance l’un d’eux en mettant le cap sur la Mission catholique.Dans ce bureau de vote où notre reporter les a précédés, Crescence Mballa, 88çme sur la liste, figure parmi les derniers des 163 inscrits. La cultivatrice née vers 1930 à N’kong dit avoir pris son temps en connaissance de cause. Elle se fait aider par son accompagnatrice de petite belle-fille pour retrouver son nom sur la liste et s’en va, le sourire aux lèvres. Elle ne fait aucun mystère sur son choix pour « l’homme de paix ».A près de deux heures de la fermeture des bureaux de vote, celui de Ngoulemakong II, dans l’enceinte du lycée technique, affiche presque complet. Sur les 474 électeurs attendus, plus de 460 sont passés, soit un taux de participation provisoire de plus de 97% (Estimations propres, Elecam n’étant pas disposé à donner le moindre chiffre), et les tendances étant largement en faveur du président sortant, le président national du RDPC, Paul Biya.Tendances découlant du décompte qui se poursuit sereinement dans une salle éclairée par le courant du secteur. La grosse lampe tempête posée dans un coin du bureau rassure quant à la disponibilité de l’éclairage jusqu’à la fin du processus.








