1995
Le Cameroun est encore en proie aux difficultés de la crise économique. L’Etat
est à la recherche des voies et moyens pour atténuer, à défaut de les résoudre,
les effets pervers de cette crise. Les populations, qui ont vu leur pouvoir
d’achat fondre comme neige au soleil, sombrent dans la débrouille à tout va sans
véritable fil conducteur. Pourtant, il faut bien sortir de cette spirale du
déclin et trouver en elles -mêmes les énergies nécessaires au combat. C’est
dans ce contexte défavorable que paraît l’ouvrage de Urbain Olanguena Awono,
avec un titre révélateur : "L’activité créatrice. Contre la crise et la
pauvreté", véritable boussole dans le cafouillis de la débrouillardise. Le
constat est clair :
S’il
est un débat qui n’a jamais cessé d’animer la société camerounaise, c’est bien
celui sur le Renouveau camerounais. Jamais notion n’a été aussi porteuse
d’espoirs au Cameroun. Seulement l'aboutissement de ces espoirs est toujours
peu ou prou attendu. Et quand en 1996 parait "Un parcours vital, Essai sur
le Renouveau camerounais,", c’est à nouveau pour ouvrir le débat. A un an
de l’élection présidentielle, ce n’était pas vraiment innocent. "Je dois
d’emblée préciser que ce livre n’est pas de circonstance (…). J’avais en effet
constaté que depuis quelques années, le débat au Cameroun était devenu
manichéen (le bien d’un coté, le mal de l’autre).
Au
moment où le RDPC souffle sur ses 15 bougies, la tentation est grande de saisir
cette opportunité pour évaluer le chemin parcouru. Depuis sa naissance en 1985
à Bamenda, le parti avait dû faire face à de multiples épreuves qui, en
réalité, étaient autant de menaces pour son existence : difficultés liées à la
transition démocratique, libéralisation et démocratisation… De véritables
inconnues pour le RDPC dont la survie dépendait de sa capacité à se réformer, à
se muer, afin de s’adapter à la nouvelle donne.
C’était
en septembre 1997. Dans moins de 3 ans, le monde entier va passer le cap d’un
nouveau siècle et d’un nouveau millénaire. Période de toutes les inconnues, de
toutes les angoisses, de toutes les incertitudes et de tous les mystères. Déjà,
on vit de nouvelles réalités, préludes à la transition : écroulement des
barrières, ouverture des frontières, on parle de village planétaire, de
mondialisation et de globalisation… L’occasion est alors donnée à Christian
Penda EKOKA, non seulement d’analyser la situation à la fois sociale,
économique, financière et politique du Cameroun qui s’apprête à entrer au 3ème
millénaire,
Le
12 octobre 1997, Paul Biya succède à lui-même en remportant haut la main (92,57
% des suffrages) l’élection présidentielle. Il ne fait aucun doute pour
certains observateurs que, contrairement à celle de 1992 remportée avec
seulement 39, 97 %, le Président avait enfin les coudées franches pour
gouverner avec son seul parti le RDPC. D’autant plus qu’il bénéficiait au même
moment d’une confortable majorité à l’Assemblée Nationale. Que non. Dans son
discours d’investiture, le Président Biya choisit d’associer tous les
Camerounais à la gestion des affaires. D’autres partis politiques en dehors du
RDPC vont rentrer dans le gouvernement (UPC, UNDP, UPR).