05-09-2010
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Lomie : Les lauriers de “l’opération Daïrou” Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

 La section Haut-Nyong Sud a accueilli une mission du Comité central les 10 et 11 juillet 2009. Conduite par le membre du bureau politique Sali Daïrou, elle a su dire à tous les responsables de base que le RDPC est et doit rester un parti de disciplinés.

La section Haut-Nyong Sud a accueilli une mission du Comité central les 10 et 11 juillet 2009. Conduite par le membre du bureau politique Sali Daïrou, elle a su dire à tous les responsables de base que le RDPC est et doit rester un parti de disciplinés.

A l’issue du meeting qui a clôturé la mission du Comité central, Blondeau Talatala, a eu ces mots qui en disent long sur la situation qui a prévalu pendant deux ans : « On a coutume de dire qu’après la pluie, vient le beau temps. Il a trop plu dans notre section. Le moment du beau temps est arrivé. » Devant des militants émerveillés, qui n’ont cessé de pousser des cris de joie, la délégation du Comité central, qui n’a de cesse d’opiner de la tête, le président de la section RDPC du Haut-Nyong Sud vient confirmer ce que le maire de la localité, Célestin Assama Mbongo a dit peu de temps avant lui. « Lomié va renaître aujourd’hui », a assuré le maire avant de poursuivre en s’adressant à la délégation de Sali Daïrou : « Rentrez d’ici  confiants vous n’entendrez plus parler de Lomié en mal. Vous entendrez que le député et le maire mangent ensemble ; que le député est la première personne  à qui le maire téléphone lorsqu’il arrive à Yaoundé ; que le député, en arrivant à Lomié, rend d’abord visite au maire, avant de rejoindre sa résidence… Je le dis avec la bénédiction des ancêtres. »
Dans son propos, Sali Daïrou a surtout relevé les points sur lesquels les responsables locaux du parti devraient s’appesantir pour éviter de nouveaux dérapages. Ces points sont consignés « dans les textes de base du parti et la circulaire du 05 août 2008 », signée du président national du RDPC. Sali Daïrou : « L’autorité politique locale est le président de section […] Les élus locaux doivent financer le parti […] le délégué du Comité central doit recevoir un accueil digne du secrétaire général du Comité central, mais le président de section reste le président. Il n’est donc pas question que la délégation du comité central décide de tenir un meeting […] »
S’adressant aux militants, le chef de la délégation du Comité central s’est voulu pragmatique. Il leur a demandé, pour ceux d’entre eux qui étaient en rupture de ban, du fait du conflit qui a existé entre le député et le maire, de revenir dans les rangs pour parachever la réconciliation amorcée au sommet. Pour sceller la paix et l’unité retrouvées, Sali Daïrou a invité les protagonistes à se donner l’accolade. Ce que Blondeau Talatala et Célestin Assama Mbongo ont volontiers fait.

Flash-back
« Nous sommes venus, nous avons écouté, nous avons été écoutés. Le secrétaire général du Comité central n’en attendait pas moins de vous. Nous rentrons satisfaits et espérons que le RDPC ici, va sur de nouvelles bases. » Le satisfecit affiché par le chef de la délégation du Comité central est révélateur de l’embarras dans lequel le parti était plongé depuis avril 2007, à la faveur des opérations de renouvellement des bureaux des organes de base. « Cinq missions différentes du Comité central sont descendues sur le terrain pour parachever le processus, sans succès. C’est la sixième mission, conduite par monsieur Ngaly Ngoa, à qui nous rendons hommage, qui a pu briser le signe indien en juillet 2008. »  Le président de section  a encore en mémoire tous les désagréments vécus dans l’intervalle par son unité politique : rébellion de deux présidents de sous-sections suspendus par le président de section, parce qu’ils refusaient de tenir leur conférence de sous-section comme le réclamait le président de section [le président de section a « suspendu sa suspension » au cours du meeting du 11 juillet 2009 ; meeting des membres de la délégation du comité central, parallèle à celui organisé par le président de section le 24 mars 2009 ; brutalités sur une présidente de sous-section lors de l’opération de placement des cartes…De fait, les vaincus d’hier avaient juré de causer la perte du président de section. Tous les moyens étaient bons, même les plus abjectes. Un nouveau jour se lève à Lomié. 

William Pascal Balla, à Lomié

Blondeau Talatala : “Nous devons structurer davantage la base”

Le président de la section RDPC du Haut-Nyong Sud parle des chantiers dans lesquels il compte engager les militants.

L’Action : C’est une nouvelle ère qui s’ouvre à Lomié…
Blondeau Talatala : Je le confirme. Nous avons connu beaucoup de problèmes. Je préfère même parler d’incompréhensions qui sont compréhensibles, liées à l’interprétation des textes de base. Le Comité central est venu clarifier un certain nombre de choses. Le maire et moi avons pris l’engagement de ne plus semer la confusion dans l’esprit des militants, et de faire en sorte que la section continue de fonctionner normalement comme partout ailleurs dans le pays. La paix est désormais au centre de nos préoccupations. La tranquillité va régner. Je demanderai aux militants à la base, parce que c’est là-bas qu’il y a beaucoup plus de répercussions du désordre qui a failli être érigé en règle, de nous suivre dans notre élan. Nous ne pouvons rien construire dans le désordre. Le chef de l’Etat ne nous donnera pas le département que nous réclamons tant que nous vivrons dans le désordre.
Quels seront désormais vos chantiers prioritaires ?
Il est désormais question de bien structurer notre section. C’est un chantier très important, parce que j’ai hérité d’une section assez vide, sans archives, sans comités de base, les sous-sections doivent être refaites de façon rationnelle… Il faut que nous tenions notre conférence de section pour étudier toutes ces questions.
Le second challenge est davantage économique. Il faudrait que je continue, dans le cadre du comité de développement CODEDEM que j’anime et qui couvre les localités de Mindourou, de Lomié, de Ngoyla et de Messok, de rechercher les opportunités et les financements pour faire des forêts communautaires, les coopératives agricoles et les GIC. Il s’agit plus que tout, de la structuration du monde rural, de la structuration des producteurs ruraux.
Quelle est votre réaction suite au rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement ?
Nous avons demandé au chef de la délégation du Comité central d’aller dire au président national, que nous le soutenons. Et notre soutien est davantage accru en ce moment où il en a le plus besoin. Nous irons aux élections en 2011 avec notre candidat président national Paul Biya. Et c’est en ce moment précis, deux ans avant les élections, que cette ONG catholique vient dire des contre-vérités sur le président de la République. Il n’a pas de maison à l’Est, le président qu’on dit riche. Ce n’est pas ça notre priorité. Notre priorité c’est l’érection de notre zone en département.

Interview : William Pascal Balla

Sali daïrou : “Le beau temps est de retour”

Chef de la délégation du Comité central dépêchée sur le terrain pour ramener le calme dans cette section, le membre du bureau politique du RDPC donne  quelques secrets de la recette qui a fait prendre la mayonnaise.

L’Action : Croyez-vous que la situation soit durablement revenue à la normale ?
Sali Daïrou : D’après les propos que nous avons suivis, d’après les paroles du président de section et du maire, nous sommes en droit de croire en leur sincérité. La veille dans la nuit, nous avons beaucoup discuté ensemble, et nous sommes  arrivés à la conclusion selon laquelle, divisés, nous ne pourrions qu’aller vers la perte ; alors qu’unis, nous allons vers la prospérité, vers le développement. Je crois qu’ils en sont très conscients. Nous-mêmes, membres de la délégation, nous avons été très satisfaits, parce que c’était des propos sincères, ils les ont répétés devant les militants et les populations. Nous osons croire, comme l’a dit le président de section, que le mauvais temps est derrière nous. Après la pluie, c’est effectivement le beau temps.
Le compromis a-t-il été facile à trouver ?
En toute chose, il faut savoir respecter les règles. Ici, nous sommes venus pour dire à tous les protagonistes que le RDPC est un parti organisé et  discipliné. Il a ses règles. Si nous adhérons au Parti, ça veut dire que nous acceptons de respecter ses règles. On a rappelé ces règles à l’un et à l’autre et à l’ensemble des militants. Je crois que chacun a dû tirer la leçon des écarts de conduite qu’il a eus par rapport aux textes de base du parti. Nous avons convenu que tout le monde devait revenir sur le droit chemin, que chacun reste dans son couloir. S’il respecte son couloir, il ne peut y avoir de bousculade. Ils ont bien compris tout cela. Et c’est à l’honneur du parti, c’est à l’honneur de ces deux responsables de base. Si nous restons unis, nous sommes capables de grandes choses.

Réactions

Jean Marie Aléokol
«Nous devons aller dans les villages»
Je suis l’un des militants les plus heureux. Depuis 2007, il y a énormément eu de problèmes dans notre section. Aujourd’hui, avec la mission du ministre Sali Daïrou, nous pensons que tous ces travers, tous ces malentendus seront enterrés. Mais j’aimerais donner quelques conseils à ceux qui se sont réconciliés aujourd’hui. Le premier c’est l’humilité. Lorsque vous êtes humble, vous pouvez accepter ce que le voisin dit. Je demande à mes frères de penser d’abord à l’intérêt collectif. Comme ils ont pris l’engagement de se mettre au travail pour le bien commun, nous allons tout mettre en œuvre pour les accompagner.
Il va falloir que tous, nous descendions sur le terrain, que nous allions de village en village. Parce qu’aujourd’hui, qu’on ne se le cache pas, il y a vraiment des divisions entre familles, entre les gens de tel groupe ou de tel autre. Nous devons aller dire aux populations que tout ce qui, s’est passé est justement un fait du passé et que dorénavant, nous allons travailler ensemble. Et ça ils peuvent le faire s’ils sont sincères avec eux-mêmes. 

Célestin Assama Mbongo
«On a beaucoup souffert»
Le peuple a beaucoup souffert de la division de ses responsables. Le peuple  nous a désignés pour les encadrer, pour les emmener au développement, pour le sortir de la misère et de la pauvreté. Il n’a pas envie de voir ses dirigeants se battre. Le peuple a besoin de paix, il a exprimé ce besoin. J’aimerais remercier la délégation du Comité central et le président de section qui a accepté de faire la paix. Désormais à Lomié, c’est la main dans la main. 

 
 

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