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Une fois de plus, appelons au secours Maurice Druon de l’Académie française pour ouvrir et soutenir cette réflexion : « la parole est l’instrument premier du pouvoir ». Mais de quelle parole s’agit-il ? Celle qui bénit ou celle qui maudit ? Depuis plusieurs mois, la scène politique camerounaise est dominée par des polémiques à répétition
Une fois de plus, appelons au secours Maurice Druon de l’Académie française pour ouvrir et soutenir cette réflexion : « la parole est l’instrument premier du pouvoir ». Mais de quelle parole s’agit-il ? Celle qui bénit ou celle qui maudit ? Depuis plusieurs mois, la scène politique camerounaise est dominée par des polémiques à répétition. Vingt ans après les années de braise, les hommes politiques du terrain sont poussés vers la sortie et dans les placards par des activistes de tous bords dont le champ de prédilection et d’expression est le Net. Hommes politiques virtuels et invisibles sur le terrain, qui dédaignent les pistes poussiéreuses et boueuses de nos localités, qui ne savent pas tenir un meeting mais qui ratissent et écument la toile. Avec la certitude que leurs déclarations seront reprises et amplifiées par les médias écrits et audiovisuels. C’est cela qui fonde et justifie leur existence, au nom du modernisme et de la modernité.
Depuis plusieurs mois, ces activistes et agitateurs d’idées, dans une démarche concertée et planifiée, ont choisi comme méthodes d’action des attaques à répétition contre le président Paul Biya et les institutions de la République à partir de l’extérieur. Dédaignant les conditions de vie de leur pays, ils ne lésinent sur aucun moyen pour atteindre leurs objectifs. Leurs arguments et leurs accusations, presque toujours fallacieux, puisent dans la rhétorique stérile, la jactance abjecte et l’injure facile. Plus leurs initiatives échouent, plus ils redoublent de virulence dans la provocation et la polémique. “L’affaire des biens mal acquis” a connu un flop, la polémique sur les vacances du Président a rencontré un bide, la plainte contre le Chef de l’Etat pour recel de détournement a fait pschitt ! Classée sans suite par le Parquet de Paris. A peine cette décision connue, surgissait, tel un diablotin de sa boîte, Célestin Bedzigui, celui-là même qui s’était empalé sur le PAL (Parti de l’Alliance Libérale) avant de le dissoudre dans l’UNDP après avoir mis à…sac les Sacheries du Cameroun. Sa trouvaille : une pétition contre l’Etat du Cameroun à l’ONU pour massacres contre les populations civiles à l’occasion des événements de février 2008.
Tout le monde connaît le verbe haut, la suffisance et la jactance de l’individu. Réagissant à un communiqué du Secrétaire Général du Comité Central sur son initiative, celui qui brigua plusieurs fois sans succès les suffrages des électeurs de la Lekié se signale à nouveau par ses outrances verbales et excentriques que la décence nous interdit de reprendre ici. Tout ce qui est excessif est vain. Et la parole a beau être l’instrument premier du pouvoir, la démocratie épistolaire ou verbale ne remplacera jamais le travail du terrain, le contact avec les populations et les militants. Qu’il est facile de pérorer et de gloser sur les souffrances des Camerounais, à dix mille kilomètres du Cameroun ! Qu’il est facile d’alimenter et d’entretenir la polémique sur Internet alors qu’on ne peut même pas réunir une dizaine de militants pour un meeting !
Pendant ce temps, les hommes politiques locaux, qui n’ont pas choisi l’exil, se taisent et désertent les estrades et les podiums. Curieux paysage politique Camerounais où un seul Parti, le RDPC, quadrille le terrain alors que l’opposition - en réalité des activistes - investit le Net et fait enfler la polémique.
Le RDPC n’a pas vocation à céder à ces provocations et à ces outrances qui desservent la politique. Après les rodomontades des uns et les gesticulations des autres, il faudra bien un jour revenir sur le terrain, écouter les populations et apporter des solutions à leurs préoccupations. Ce jour-là, on saura qui de Sadi ou de Bedzigui, aura le dernier…mot. On saura qui est qui car la vérité du terrain n’a rien à voir avec les déclarations péremptoires et les effets de manches. En un mot comme en cent, le RDPC attend ses adversaires sur le terrain. Loin des polémiques et de la rhétorique.
Par Christophe Mien Zok |