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Tout en étant horrifiée par les attaques visant le président de la République et le secrétaire général du comité central du Rdpc, la militante Rdpc de la Lékié, qui connaît très bien Célestin Bedzigui dit ne pas être surprise.
Tout en étant horrifiée par les attaques visant le président de la République et le secrétaire général du comité central du Rdpc, la militante Rdpc de la Lékié, qui connaît très bien Célestin Bedzigui dit ne pas être surprise.
L’Action : Que vous inspirent les deux dernières sorties de Célestin Bedzigui, l’une dirigée contre le président de la République et l’autre contre René Sadi, le secrétaire général du comité central du Rdpc ?
Régine Ongolo : Je suis très révoltée par les propos de Célestin Bedzigui que je connais comme un petit frère de la Lékié et que j’ai encouragé à faire la politique. Il nous critiquait chaque fois et je lui ai dit : c’est des gens comme vous que nous voulons, viens avec nous et il est venu. Il a été très bien accueilli comme c’est un beau parleur. Je peux même dire que c’était un petit chouchou du Rdpc, car on lui avait offert une grande société à gérer. Quelle a été la déception quand cette société est tombée ! Cela a été une grande déception pour le Rdpc et pour nous même les ressortissants de la Lékié, parce que l’homme de la Lékié c’est quelqu’un à qui on peut faire confiance quand il s’agit de travailler. Quand il dit qu’au lieu des 40 morts officiellement constatés à l’occasion des évènements de février 2008, il y en a eu une centaine, lui-même, en faisant tomber les Sacheries en faillite, il en a tué beaucoup plus. Se souvient-il seulement du nombre de personnes décédées du fait de la fermeture de cette société ? Ce sont des centaines de personnes ! Il ne devrait même pas parler des choses du Cameroun.
Ses déclarations sont-elles crédibles ?
Pas du tout ! Bedzigui ne peut pas être crédible d’abord parce qu’il ne connaît pas le président de son pays, ni même le ministre Sadi. S’il connaissait bien Paul Biya, c’est plutôt contre l’Etat du Cameroun qu’il aurait porté plainte. Ce qui me désole c’est qu’il s’attaque aux personnes. Il s’attaque à Paul Biya alors qu’il n’a pas vu ce dernier dans la rue avec des flèches et des fusils entrain de tuer les enfants. C’était une révolte populaire qui est devenue ce que nous savons tous. S’agissant du ministre Sadi, je puis affirmer à l’intention de tous ceux qui s’y méprendraient que c’est un ancien militant de l’Uc et de l’Unc. C’est également un militant de première heure du Rdpc. Si vous consultez les archives, vous allez retrouver son nom partout ! Ce n’est pas quelqu’un qui fait du bruit. C’est un bon militant qui a effectué d’importantes missions pour le parti. Je le dis parce que très souvent, j’ai été à ses côtés. Pendant la période de braise par exemple, nous étions sur le terrain dans le Centre. C’était en 1992. René Sadi était vice président de la commission provinciale de campagne pour le Centre à l’occasion de la première élection présidentielle pluraliste ; Joseph Tsanga Abanda en était le président. Nous sommes allés partout, dans les quartiers, au fin fond des villages, à des heures inimaginables de la nuit. On nous déconseillait de nous rendre dans le Mbam où sévissaient l’Undp et le Sdf, sous prétexte que nous pouvions y perdre la vie. Mais nous sommes partis avec le ministre Sadi. On y a obtenu de très bons résultats. On l’appelle bureaucrate ; mais qu’on sache que c’est un homme complet qui peut se sentir aussi à l’aise dans ses dossiers que sur le terrain. Bedzigui parle donc d’une personnalité qu’il ne connaît pas.
Il connaît quand même assez bien la scène politique camerounaise…
Ce monsieur n’est pas du tout crédible ! Il fait de la prostitution politique. Partout où il est passé, on s’en est rendu compte et il est reparti. Quand on a découvert qu’il n’était pas quelqu’un de crédible au Rdpc, il est allé créer le Pal. Là bas ça n’a pas non plus marché. Il empochait tout ce qu’il recevait comme argent pour les militants. Il est allé se vendre à l’Undp. Vous connaissez la suite ! De lui-même, il est parti du Cameroun. Personne ne l’a chassé, après avoir fait tomber plusieurs sociétés. J’ai parlé plus haut des Sacheries que tout le monde connaît ; sachez qu’il a également coulé Nobra, après un passage médiocre aux Brasseries du Cameroun, et une autre société spécialisée dans la transformation des fruits en jus. S’il était un vrai Camerounais, il reviendrait ici discuter et participer à l’œuvre de construction de son pays au lieu de rester si loin et critiquer ses dirigeants sans rien proposer de concret. Il n’a pas à parler de son pays de si loin. S’il veut vraiment porter plainte, qu’il vienne le faire devant nos tribunaux. L’Etat a souvent perdu des procès ; nous même au Rdpc on en a perdu ; c’est la preuve que notre justice est libre et indépendante. Son attitude est celle d’un traître et c’est déplorable. Ça me fait mal parce qu’il est de la Lékié comme moi et l’homme de la Lékié n’a pas peur de dire la vérité devant quelqu’un; il ne va pas se cacher pour dire certaines choses. Ce serait dommage s’il était téléguidé, car notre pays est ouvert.
Apparemment, ce n’est pas la première fois que Célestin Bedzigui s’en prend au Rdpc.
Effectivement, il est arrivé qu’il pose des actes de barbarie lors des meetings du Rdpc dans la Lékié. J’étais moi-même présente pendant les municipales et les législatives qui se sont tenues avant qu’il ne s’enfuie. Il voulait être député ou maire à Monatélé. Dans son village, il nous a interdit de battre campagne. Il se baladait avec des costauds au crâne rasé qu’il a ramassé à Mokolo (Yaoundé) où il est né et a grandi. Ces gars là ont tapé sur moi ; ils ne voulaient pas que nos réunions se tiennent. A Batchenga où j’étais chef de délégation en 1996, ils venaient me provoquer la nuit avec mon équipe. Malheureusement pour lui, nous avons gagné. Je ne suis donc pas surprise qu’il tente une autre manœuvre de déstabilisation du parti. C’est pourquoi je vais dire à mes camarades du parti et à mes frères camerounais de ne pas se laisser intimider ou même distraire par ce beau parleur.
Interview : Longin Cyrille Avomo |